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To be published in Michel MAZOYER et al. (ed.), Le banquet dans l'Antiquité, Paris: L'Harmattan (Coll. Kubaba), 2008.
LE BANQUET DANS L'ÉGYPTE ANCIENNE: FESTIVAL DES SENS
Valérie Angenot
C'est essentiellement à des sources à caractère funéraire que nous devons notre connaissance de l'organisation des banquets dans l'Égypte antique. Cette qualité funéraire des festins qui pourrait surprendre de prime abord est une chose bien ancrée dans l'histoire des mœurs et coutumes des peuples méditerranéens comme ne manqueront pas, j'en suis sûre, de le démontrer les contributions à ce volume.
Pourtant, la nature exacte des banquets figurés avec moult détails sur les murs des tombes égyptiennes, n'est guère assurée à mon sens, même si l'on affirme communément qu'ils avaient lieu à l'occasion de la “Belle Fête de la Vallée” .
C'est à la dix-huitième dynastie (1550-1295) que le thème du banquet se développe dans l'iconographie funéraire, entre autres en raison d'une évolution des croyances vers l'idée d'une survie mémorielle du défunt assurée par la connectivité sociale (Fig. 1). Cette connectivité sociale participait au processus résurrectionnel en intégrant l'individu à la communauté, mais aussi en permettant que le nom du mort soit prononcé et remémoré ici-bas. Elle s'exerçait notamment à l'occasion des fêtes religieuses, prétextes à de grands repas collectifs liant morts et vivants, alors que par le passé, le défunt était condamné à prendre son repas seul face à sa table d'offrandes, isolé et cloîtré dans un inframonde à la fois inaccessible aux vivants et aux frontières infranchissables pour le trépassé (Fig. 2) .
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