Home arrow "Peintures TT 96A"
"Peintures TT 96A"
© COPYRIGHT ÉGYPTE, AFRIQUE & ORIENT 45 (2007),
PARIS, FRANCE

Les peintures de la chapelle de Sennefer (TT 96A)

Valérie ANGENOT


Ce n’est guère tâche facile que de remplacer au pied levé mon professeur et mentor, Roland Tefnin, qui aurait dû présenter dans ces pages une étude sur l’environnement stylistique des tombes TT 96A et TT 29 ; une recherche sur les mains d’artistes peintres de l’époque d’Amenhotep II qu’il menait depuis quelques années et qui reste à ce jour inédite.

Roland Tefnin m’a donné la grande opportunité de participer, comme épigraphiste, à quatre missions de la M.A.N.T. dans les tombes d’Amenemopé (TT 29) et de Sennefer (TT 96A), c’est pourquoi je souhaite lui dédier ces lignes…

La chapelle funéraire de Sennefer (TT 96A) [Fig. 1], qui a fait l’objet de huit campagnes de restauration et d’épigraphie dans le cadre de la Mission Archéologique dans la Nécropole Thébaine, est le pendant “public” du célèbre tombeau connu sous le nom de “caveau aux vignes” (TT 96B) en raison de la treille qui recouvre une partie de son plafond [Fig. 2].

Tandis que le caveau avait pour fonction de préserver l’intégrité de la momie et de lui fournir, ainsi qu’au matériel funéraire, un espace secret, inaccessible et sacré, c’est dans la chapelle de surface que s’exerçaient le culte au mort et les dons d’offrandes.

À la dix-huitième dynastie, tout particulièrement, le souvenir post-mortem des individus devient un des aspects prépondérants de la survie des Égyptiens. «Un homme vit tant que son nom est prononcé», c’est pourquoi la chapelle funéraire, ouverte à la famille et aux visiteurs à l’occasion des fêtes religieuses, s’érige alors en véritable mémorial à la gloire du défunt, l’identifiant par ses hauts faits «du temps qu’il était sur terre» et par la place qu’il tenait (souvent de très hautes fonctions politiques et/ou religieuses) au sein de la communauté sociale de son époque.

La décoration de la chapelle funéraire se doit donc d’être remarquable, spectaculaire, voire séduisante, d’interpeller le visiteur pour l’inciter à faire une offrande ou à dire une prière en faveur de son propriétaire. C’est peut-être la raison pour laquelle, d’un point de vue stylistique, la chapelle de Sennefer surpasse de loin en finesse la qualité des décorations du caveau qui, à quelques exceptions près, apparaissent peu nuancées, mal proportionnées et bien souvent maladroites.

Télécharger le texte complet (6.34 Mb)


Pour citer ce texte et pour la pagination, référez-vous toujours à l'ouvrage d'origine.

http://www.revue-egypte.net/index.php?p=consultation&n=45

Sommaire:

• «In Memoriam Roland Tefnin», par Valérie Angenot.
• «L’égyptologue et l’anachorète», par Anne Boud’hors.
• «La tombe thébaine d’Aménémopé, vizir d’Amenhotep II», par Laurent Bavay.
• «Les peintures de la chapelle de Sennefer (TT 96A)», par Valérie Angenot.
• «Materiam superabat opus. La conservation-restauration de la chapelle de Sennefer (TT 96A)», par Hugues Tavier.
• «Sennefer et Aménémopé, une affaire de famille», par Dimitri Laboury.
• «La tombe de Sennefer. Réflexions sur le programme décoratif du caveau (TT 96B)», par Marie-Astrid Calmettes.
• «La peinture égyptienne ancienne, fragile trésor…», par Roland Tefnin.

Égypte Afrique & Orient n° 45, mars 2007. 80 pages en couleurs. 11 €. Distribution et diffusion : Kheops Égyptologie http://www.kheops-egyptologie.fr/