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GÖTTINGEN, ALLEMAGNE
DISCORDANCE ENTRE TEXTE ET IMAGE
Deux exemples de l'Ancien et du Nouvel Empire.
Valérie ANGENOT
S'il est vrai que les deux principaux moyens d'expression des Égyptiens étaient le texte et l'image, ceux-ci n'utilisaient pas l'un et l'autre de la façon dont nous le faisons aujourd'hui. Bien souvent, dans nos sociétés occidentales, nous usons de l'image pour illustrer un propos, pour en "concrétiser" les données en conjoignant aux lexèmes -ou du moins à certains d'entre eux- une sorte d'équivalent sémiotique directement accessible à la vue. Inversement, nous utilisons le texte comme "explication" d'une image, c'est la fonction des légendes apposées aux reproductions imagées. Dans ce cas, des lexèmes viennent se superposer à certains éléments de la semiosis et en procurent une identification verbale que l'image ne comporte pas. Ainsi, souvent, les deux font partiellement double emploi, l'un explicitant l'autre, l'image n'ayant souvent valeur que d'illustration, puisque des équivalences terme à terme sont censées s'établir entre des secteurs ou des plages de la représentation visuelle et les lexèmes de l'énoncé verbal. Ce mode de correspondance, propre à ce que nous dénommons l'Occident et acquis dès l'époque grecque, a longtemps empêché les chercheurs -souvent des philologues classiques- de percevoir les productions imagées égyptiennes autrement que comme de simples ornements clarificateurs du sacro-saint texte, ou du moins régis par sa prédominance cognitive.
Pourtant, plusieurs articles ont montré, au cours de ces dernières années, les liens étroits tissés entre ces deux moyens d'expression, leur complémentarité et leur signification propre.
Le présent article tentera d'apporter un peu d'eau à ce moulin, à travers deux spécimens puisés dans l'iconographie funéraire privée des Ancien et Nouvel Empires.
Ce que je trouve à retenir et à analyser dans les deux cas -mais il n'y a guère de doute que l'on pourrait multiplier les exemples- tient à une discordance entre le texte et l'image qui s'écarte résolument de l'emploi que peut en faire notre société. Les deux cas retenus ici ne sont pas de nature identique dans la mesure où le phénomène se manifeste au niveau du contenu dans le premier cas, de celui de l'énonciation dans le second.
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