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© COPYRIGHT ANNALES D'HISTOIRE DE L'ART ET D'ARCHÉOLOGIE XVIII (1996)
UNIVERSITE LIBRE DE BRUXELLES
LIRE LA PAROI.
Les vectorialités dans l'imagerie des tombes privées de L'Ancien Empire Égyptien
Valérie ANGENOT
Face à la paroi d'une tombe égyptienne, tout observateur se pose naturellement la question: dans quel sens doit-on lire les différents registres qui s'y succèdent? Quelle est la dynamique qui entraîne le récit ou produit le sens de la paroi?
Dans une situation culturellement familière, la composition de l'objet complexe, comme par exemple la séquence des images dans une bande dessinée, est intuitivement et globalement comprise par le lecteur ordinaire dans sa totalité.
Dans le cas d'artefacts appartenant à une culture étrangère dans le temps ou dans l'espace, telle que la culture de l'Égypte Ancienne, le chercheur doit tâcher de découvrir les règles de coïntelligibilité des éléments déchiffrables, émettre des hypothèses sur la signification de l'ensemble, sur les liaisons entre les éléments qui font du sens et les raisons d'être de leur co-présence. La théorie sémiotique doit tâcher d'expliquer le fonctionnement de l'intuition du lecteur mais de l'expliquer en termes non-intuitifs.
Pour ce qui est de la sémiotique visuelle, ou sémiotique des icônes, on peut classer les grands types de compositions et l'ordre de succession des éléments. Dans une page de "Tintin", mais aussi bien dans la fameuse tapisserie de Bayeux, la succession des entités se compose sur un vecteur temporel dont la règle de lecture est pour le regard d'aller de gauche à droite et de haut en bas. Dans l'adaptation en arabe de "Tintin", ceci n'est déjà plus vrai: les cases de la B.D. se succèdent de droite à gauche en raison de cette même caractéristique de l'écriture arabe. Dans le cas du "déchiffrement" d'une paroi d'un mastaba, on peut supposer que l'agencement des images puisse n'avoir pas, à l'instar de l'écriture hiéroglyphique qui admet tous les sens de lecture, d'orientation exclusive
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Sommaire:
• «Lire la paroi. Les vectorialités dans l'imagerie des tombes privées de l'Ancien Empire Égyptien», par Valérie Angenot.
• «Ni Hubertus Goltzius, ni Diane de Poitiers: une ‘Allégorie de l'Infidélité’ de Hermann Tom Ring à l'Hôtel de Ville de Bruxelles», par Didier Martens.
• «Un dessin inédit de Pieter Coecke van Aelst conservé dans les collections du British Museum», par Annick Godfrind-Born.
• «Termes et caryatides dans la “tenture” de Vertumme et Pomone», par Cecilia Paredes.
• «Approche des œuvres mates d'Antoine Wiertz (1806-1865)», par Françoise Rosier.
• «La peinture et les dessins d'Albert Philippot», par Paul Philippot.
• «Le temple d'Indore de Constantin Brancusi», par Christian-Robert Velescu.
• «Sortie de l'art: l'art contemporain entre projet synesthétique et nécessité institutionnelle», par Daniel Vander Gucht.
• «Le trésor et le projet du musée du palais à Bafut (Cameroun)», par Nathalie Nyst.
• «Un faux discret mais tenace: la gravure pariétale de la grotte Worsaae», par Marc Groenen.
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